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Histoire Paris – 200 000 habitants en 1300 – est la plus grande ville de l’Occident médiéval. Elle devient, aux XIIIe siècle, la capitale du puissant royaume de France vers laquelle affluent commerçants et hommes d’affaires, artistes et intellectuels. La croissance sans précédent de la cité n’a pas manqué de laisser une empreinte durable : dans bien des quartiers, le tracé actuel des rues reflète les opérations de lotissement qui présidèrent à l’installation des nouveaux venus au cours du Moyen Âge. Si peu d’édifices médiévaux sont aujourd’hui visibles dans leur quasi-intégrité, telles Notre-Dame ou la Sainte-Chapelle, beaucoup sont conservés de manière fragmentaire, comme le Louvre de Philippe Auguste, la salle des gens d’armes de la Conciergerie ou le réfectoire du couvent des Cordeliers. Ces vestiges – et bien d’autres – jalonnent la trame urbaine dont les aspects, changeant au fil d’un millénaire, sont restitués par les images anciennes. Entre la ville idéale rêvée par les rois et la cité grouillante aux ruelles étroites et nauséabondes, se dessine le visage du Paris médiéval.Philippe Lorentz est professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’université de Strasbourg et directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études.Dany Sandron est professeur d’histoire de l’art et d’archéologie du Moyen Âge à l’université Paris-Sorbonne.Extrait du livre :Représentations et éloges : images du Paris médiévalUn autre témoignage mérite d’être pris en considération, celui des images. Dès la fin du Moyen Age, Paris, davantage encore que d’autres villes d’Occident, fait l’objet de représentations, sous la forme de vues d’ensemble ou par le biais de ses monuments les plus représentatifs. La série des vues de Paris, inaugurée peu après 1400 par le Maître de Boucicaut et les frères Limbourg, est brillamment illustrée, au milieu du XVe siècle, par Jean Fouquet et André d’Ypres (le peintre de la Crucifixion du Parlement de Paris), dont la précision topographique est précieuse aux historiens de la capitale.Bien d’autres artistes prennent le relais au cours des décennies suivantes. Ces premiers portraits de la ville donnent-ils à voir le vrai visage du Paris médiéval ?Remontant au commencement du XVe siècle, les premières vues de Paris ne peuvent pas être rangées parmi les incunables du paysage urbain, dont on situe habituellement les débuts un siècle plus tôt, dans l’Italie du Trecento. Les premières représentations de villes apparaissent alors en Toscane, sur les murs des monuments publics. Elles sont contemporaines du grand renouveau pictural du XVIe siècle, caractérisé notamment par la conquête de la troisième dimension. Entre 1337 et 1340, Ambrogio Lorenzetti peint une saisissante vue de Sienne dans le Palazzo Pubblico de la civitas Virginis. Malgré les apparences, sa fresque ne donne pas à voir un portrait fidèle de la cité. Quelques repères, telles la cathédrale et la Porta Romana, permettent certes d’identifier Sienne, ce qui suffisait à satisfaire les édiles à l’origine de la commande. L’objet principal de cette oeuvre n’est pas la description exacte d’un paysage urbain, mais une évocation idéalisée des effets bénéfiques d’un gouvernement juste sur la vie de la ville. Telle qu’elle a été peinte sur la muraille, avec ses rues et ses places regorgeant d’activités, celle-ci semble offrir un cadre propice au déploiement de l’artisanat et du négoce.
Dany Sandron Philippe LorentzHistoire Albums et Atlas
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